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Faire l'école buissonnière

Faire l’école buissonnière

Que signifie Faire l’école buissonnière ?

Faire l’école buissonnière c’est se promener au lieu d’aller en classe.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Dès le 15ème siècle, on appliquait l’expression à ceux qui se promenaient dans les chemins creux ou parmi les buissons, là où se cachaient également les fuyards.
Mais, pour certains, l’expression trouve une autre origine, également au 15ème siècle, avec le concile de Pavie en 1423. Les prélats refusèrent de s’y rendre en raison de la peste qui y sévissait. Clément Marot y fit allusion dans l’épître intitulé « du coq à l’âne » en 1535 : « Vrai est qu’elle fust buyssonière l’escolle de ceux de Pavie« 
Pour d’autres, elle viendrait de l’époque de la répression du protestantisme. Au début du luthérianisme, les adeptes créèrent, dans les campagnes, des écoles secrètes, nommées « buissonnières ».
Dans son dictionnaire universel (1690), Antoine Furetière donne une explication amusante : « L’école est appelée buissonière lorsqu’on la fréquente si peu que les ronces et les buissons y naissent ».

De nos jours, faire l’école buissonnière peut également signifier que l’on ne se rend pas sur son lieu de travail, afin de profiter de flâneries qui ne sont pas que buissonnières.

À Pâques ou à la trinité

À Pâques ou à la trinité

Que signifie À Pâques ou à la trinité ?

À Pâques ou à la trinité signifie « à une date incertaine et lointaine, voire jamais ».

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le jour de Pâques est un dimanche situé entre le 22 mars et le 25 avril. Et on célèbre la sainte Trinité le huitième dimanche après Pâques. Donc, même si elles sont mobiles, ces dates ont bien leur place dans le calendrier et elles n’ont rien d’incertain. Ce n’est donc pas dans le calendrier qu’il faut aller chercher l’origine du sens que l’on donne à cette expression.

En fait elle tire ses origines d’une chanson adressée à Lord Churchill, duc de Marlborough, général de l’armée Britannique à la fin du 17ème et début du 18ème siècle. On composa cette chanson à l’issue de la bataille de Malplaquet qui eut lieu le 11 septembre 1709. C’était au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols. Les forces commandées par le duc de Marlborough, et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et hollandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L’armée de Marlborough conquiert le terrain mais au prix de pertes quatre fois plus importantes que celle de l’armée française. Cette dernière fit retraite en bon ordre et avec toute son artillerie. Et l’invasion de la France fut empêchée.
Les soldats français, croyant le duc de Marlborough mort, composèrent la chanson « Malbrough s’en-va-t-en guerre ». On y trouve ces célèbres paroles  » Malbrough s’en va-t-en guerre (…) il reviendra-z-à Pâques, ou à la Trinité (…), la Trinité se passe, Malbrough ne revient pas.

Voilà donc comment est née l’expression : Malbrough reviendra à Pâques ou à la Trinité, un jour peut-être ou bien jamais.

Quelques informations sur l’illustration associée à cette expression

Il s’agit d’une publicité pour l’alcool de menthe Ricqlès, publiée entre 1900 et 1925. L’auteur de cette illustration est le peintre et affichiste Henry Gerbault (1863-1930)

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Peu ou prou

Peu ou prou

Que signifie peu ou prou ?

peu ou prou signifie plus ou moins.

Quelle est l’origine de l’expression ?

« Prou » est un adverbe qui, dès le 12ème siècle, signifiait « beaucoup, bien ».
Il est issu du bas latin « prode » (profit), lui même provenant du latin classique « prod est » (être utile, profitable).

De prode (profit) à prod (beaucoup), il n’y avait qu’un pas qui a donc été franchi pour nous laisser le mot prou (beaucoup). Si ce dernier était encore utilisé dans ce sens au 17ème siècle, il a disparu progressivement de notre vocabulaire pour ne subsister aujourd’hui que dans l’expression « peu ou prou ». Cette dernière, quant à elle, est attestée dès le début du 17ème siècle. Notons d’ailleurs qu’elle fut précédée par la forme négative « ne peu ne prou » (ni peu ni beaucoup) vers la fin du 16ème siècle.

De nos jours l’expression est utilisée pour nuancer un propos, dire par exemple qu’une chose est plus ou moins ceci ou cela. Selon les cas, cela peut signifier « dans une certaine mesure », voire « dans une faible mesure » ou « environ, à peu de choses près ». Et en se cherchant des « prou » dans la tête, nul doute que l’on arrivera à trouver quelques autres synonymes.

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payer son écot

Payer son écot

Que signifie Payer son écot ?

Payer son écot c’est payer sa part à l’occasion d’un repas pris en commun.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le mot « escot » est attesté dès le 12ème siècle. Il signifiait alors « payer sa part, se mettre en frais ».
Au 13ème siècle, escot était plutôt une assemblée de convives, un repas, un festin.
Plus tard, au 17ème siècle, Antoine Furetière donne la définition suivante : « Ce que chacun paye pour sa part d’un repas qu’il fait en commun« , donc le sens que l’expression a de nos jours. Il indique également que le grammairien Gilles Ménage a émis l’hypothèse que ce mot trouve son origine dans le mot saxon « scot », signifiant impôt.

Mais, aujourd’hui, l’expression ne se cantonne pas uniquement aux repas partagés. En effet, elle peut s’employer au sujet de la participation à une action collective.

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avoir une peur bleue

Avoir une peur bleue

Que signifie Avoir une peur bleue ?

Avoir une peur bleue signifie Ressentir une peur intense

Quelle est l’origine de cette expression ?

Il arrive d’être confronté à une situation qui vous glace les veines, vous flanque la trouille, vous met les miquettes etc etc …
Avouons toutefois que, dans le cas de cette expression, il est curieux d’associer deux termes qui, en apparence, ne présentent aucun lien sémantique.
Cette association a pour résultat de construire une expression au sens très particulier et plutôt surprenant.
De plus, cette expression est impossible à comprendre en l’absence de tout contexte. Dans ce cas, en langue française on parle de collocation.
Au même titre que « colère noire » ou « nuit blanche », l’expression « avoir une peur bleue » est bien une collocation.

En effet le rapport entre la peur et la couleur bleue est loin d’être évident.
Toutefois il semblerait qu’une peur intense puisse parfois provoquer une coloration bleutée. Cette dernière se concentre sur les lèvres et le dessous des ongles. La cause est la présence, dans ce contexte bien précis, d’un taux élevé d’hémoglobine non oxygénée dans les vaisseaux capillaires de la peau.

Il y a également une autre hypothèse pour expliquer l’origine de cette expression.
Cela viendrait de l’ancien français. En effet, dans certains jurons, le mot dieu a été remplacé par le mot bleu. Par exemple :

  • Parbleu ! = «Par dieu!»,
  • Ventrebleu ! = «Ventre (de) Dieu !»
  • Sacrebleu ! = «Sacre (de) Dieu».

Par analogie « Peur bleue » viendrait donc de « peur (de) Dieu« .

La peur bleue dans la littérature et au cinéma

  • Emile Zola emploie cette expression dans l’assommoir  » :  » C’était encore pis pour les courants d’air, il en avait une peur bleue … »
  • Dans un autre style (fantastique), Stephen King a écrit le roman « Silver bullet » traduit par  « Peur bleue » . Ce dernier a été transposé au cinéma sous le même titre en 1985. Un autre film sorti en 1999 portait le même titre.

Quelques autres expressions de la peur

En ce qui nous concerne, si nous devions choisir une couleur associée à la peur, le blanc et l’expression « être blanc comme un linge » nous semblerait mieux adaptés…. mais les goûts et les couleurs … !!

En pincer pour quelqu’un

En pincer pour quelqu’un

 

Signification : Etre épris de quelqu’un

L’expression « En pincer pour quelqu’un »  fait référence au pincement dans la poitrine (« le pincement au coeur ») produit par l’émotion amoureuse .
Cette notion de pincement proviendrait des cordes des instruments de musique que l’on pince pour produire des notes. L’expression est devenue populaire à la fin du 19ème siècle dans le jargon parisien .
Cette expression est à rapprocher de « Avoir le béguin »mais, dans le jargon d’aujourd’hui, on dirait plutôt « kiffer grave ».

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Avoir le beguin

Avoir le béguin

 

Signification : Etre amoureux

« Avoir le béguin » est une expression que les grand-mères emploient malicieusement sous la forme « Mais dis donc tu n’aurais pas le béguin pour elle toi ? », autrement dit, « tu ne serais pas un peu amoureux d’elle ? »

En 1640, dans son ouvrage « Curiositez françoises, pour servir de complément aux dictionnaires ….. » , Antoine Oudin mentionnait que « Se coiffer d’une femme » signifiait « en devenir amoureux ».

D’autre part, Edmond Huguet, auteur du « Dictionnaire de la langue française du 16ème siècle » (1925), attestait l’utilisation, au seizième siècle, de « Béguin » = « sorte de bonnet » et « Béguiné » = « Coiffé d’un béguin ».

Le croisement de « Se coiffer d’une femme » et de « Coiffé d’un béguin (Béguiné) » a alors donné « être béguiné » ou « s’embéguiner » signifiant « Tomber amoureux » et qui, au milieu du 19eme siècle, est devenu « avoir le béguin ».

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