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Aller à Pétaouchnok

Aller à Pétaouchnok

Que signifie Aller à Pétaouchnok ?

Aller à Pétaouchnok c’est aller vers un endroit imaginaire, inaccessible, très lointain, au milieu de nulle part.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Même lorsqu’on habite dans un endroit « ravitaillé par les corbeaux », on arrive toujours à trouver un coin encore plus paumé. Cet ailleurs est très lointain, voire inaccessible. Et il se doit de porter un nom rigolo et champêtre comme « perpète-lès-oies » ou « perpète-lès-olivettes ». Mais certains évoquent de façon beaucoup moins poétique le « trou du cul du monde ».

Dans son dictionnaire historique des argots français, Gaston Esnault explique que l’expression « aller aux îles Pataoutnof » a précédé « Aller à Pétaouchnok » dans les années 1940. A cette époque, on l’utilisait du côté des Halles pour désigner un endroit essentiellement peuplé de Noirs.
Par analogie vocale, «chnok» aurait fini par remplacer «fnof» dans les années 1950. D’ailleurs il est intéressant de noter que le mot « schnok » était déjà bien connu à l’époque. Il viendrait d’une chanson alsacienne « Hans im Schnokeloch« . Littéralement cela signifie « Jean dans le coin à moustiques ». Il s’agit sans doute encore d’un coin paumé mais rien ne dit que c’est ce qui a motivé le remplacement de « fnof » par « chnok ».
D’autre part, l’aspect prétendument lointain du lieu Pétaouchnok se serait renforcé grâce à la sonorité de Petropavlovsk, ville située en extrême orient russe.

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Avoir barre sur quelqu'un

Avoir barre sur quelqu’un

Que signifie Avoir barre sur quelqu’un ?

Avoir barre sur quelqu’un c’est prendre l’avantage sur quelqu’un, le dominer.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Cette expression date du 16ème siècle. A titre d’exemple on la trouve dans « Les neuf matinées du seigneur de Cholières » (1585) par l’écrivain français Nicolas de Cholières.
Elle vient du jeu de barres dont la pratique remonte en France au 13ème siècle. Mais ce jeu serait même beaucoup plus ancien. En effet, il faudrait rechercher son origine dans l’ostrakinda, jeu de l’antiquité grecque mentionné par Platon dans la République.
Au Moyen Âge, le jeu de barres se pratiquait après dîner comme moyen de digestion.
Plus tard, Chateaubriand, dans ses « Mémoires d’outre-tombe » (1849), raconte qu’il aimait jouer aux barres dans la cour de récréation du collège de Dol-de-Bretagne.
Il se dit même que Napoléon a appris les rudiments des règles de la guerre en jouant aux barres dans la cour de l’école de Brienne où il resta 5 ans à partir de 1779.

Les règles du jeu de barres

Après tirage au sort, un joueur d’une équipe se dirige vers le camp de l’équipe adverse. Là, il tape trois fois dans la main que lui tend le joueur choisi en disant « barre, baron, barrette ». Á la troisième tape, il se sauve vers son camp, poursuivi par l’adversaire qui essaie de le toucher de la main.
Ensuite, tout joueur sorti de son camp après un adversaire a droit de barre sur lui et peut tenter de le toucher de la main. Il est permis de regagner son camp afin de ne pas se faire prendre. Un joueur qui en touche un autre crie « pris » et accompagne son prisonnier à la ligne des prisonniers devant son camp.
L’équipe gagnante est celle qui a fait le plus de prisonniers. Le but du jeu est donc de prendre sans être pris, ce qui revient donc à dominer son adversaire. D’où le sens de l’expression.

avoir un coup de barre

Avoir un coup de barre

Que signifie Avoir un coup de barre ?

Avoir un coup de barre c’est ressentir brusquement une grande fatigue.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le mot « barre » viendrait du bas latin de Gaule « barra » (3ème – 6ème siècle), emprunté probablement au gaulois « barro(s) ». Cela désignait alors une barre, une planche ou un pieu.
Dans la deuxième partie du 16ème siècle, le mot désigne, dans un tribunal, la barrière qui sépare l’assistance des juges. On en trouve un exemple dans le poème « L’enfer » (1542) de Clément Marot. Il y décrit une cour de justice où les gens se disputent au point de se mordre. D’où la nécessité d’installer une barre.
D’ailleurs c’est bien de là que vient également le « barreau », l’ordre professionnel des avocats.

L’expression « avoir un coup de barre » date de la fin du 19ème siècle. Elle s’explique par l’image d’un coup donné avec une barre qui abat complètement celui qui le reçoit. Par analogie elle s’applique à la personne abattue par un accès de fatigue. C’est ce que l’on désigne également par « un coup de pompe », lorsque l’on est un pneu crevé ! On dit aussi que l’on a « un coup de mou ».
Notons également que le coup de barre s’applique à l’addition très élevée présentée par exemple dans un restaurant, un hôtel ….. ou un bar. Ainsi la boucle est bouclée car le mot bar (débit de boisson) a un lien avec barre. En effet c’est l’abréviation de l’américain bar-room où « bar » viendrait du français barre. Et, dans ce cas, bar a désigné la barre installée au pied d’un comptoir, puis le comptoir lui-même, et enfin la salle où se trouvait ce comptoir.

Faire l'école buissonnière

Faire l’école buissonnière

Que signifie Faire l’école buissonnière ?

Faire l’école buissonnière c’est se promener au lieu d’aller en classe.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Dès le 15ème siècle, on appliquait l’expression à ceux qui se promenaient dans les chemins creux ou parmi les buissons, là où se cachaient également les fuyards.
Mais, pour certains, l’expression trouve une autre origine, également au 15ème siècle, avec le concile de Pavie en 1423. Les prélats refusèrent de s’y rendre en raison de la peste qui y sévissait. Clément Marot y fit allusion dans l’épître intitulé « du coq à l’âne » en 1535 : « Vrai est qu’elle fust buyssonière l’escolle de ceux de Pavie« 
Pour d’autres, elle viendrait de l’époque de la répression du protestantisme. Au début du luthérianisme, les adeptes créèrent, dans les campagnes, des écoles secrètes, nommées « buissonnières ».
Dans son dictionnaire universel (1690), Antoine Furetière donne une explication amusante : « L’école est appelée buissonière lorsqu’on la fréquente si peu que les ronces et les buissons y naissent ».

De nos jours, faire l’école buissonnière peut également signifier que l’on ne se rend pas sur son lieu de travail, afin de profiter de flâneries qui ne sont pas que buissonnières.

À Pâques ou à la trinité

À Pâques ou à la trinité

Que signifie À Pâques ou à la trinité ?

À Pâques ou à la trinité signifie « à une date incertaine et lointaine, voire jamais ».

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le jour de Pâques est un dimanche situé entre le 22 mars et le 25 avril. Et on célèbre la sainte Trinité le huitième dimanche après Pâques. Donc, même si elles sont mobiles, ces dates ont bien leur place dans le calendrier et elles n’ont rien d’incertain. Ce n’est donc pas dans le calendrier qu’il faut aller chercher l’origine du sens que l’on donne à cette expression.

En fait elle tire ses origines d’une chanson adressée à Lord Churchill, duc de Marlborough, général de l’armée Britannique à la fin du 17ème et début du 18ème siècle. On composa cette chanson à l’issue de la bataille de Malplaquet qui eut lieu le 11 septembre 1709. C’était au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols. Les forces commandées par le duc de Marlborough, et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et hollandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L’armée de Marlborough conquiert le terrain mais au prix de pertes quatre fois plus importantes que celle de l’armée française. Cette dernière fit retraite en bon ordre et avec toute son artillerie. Et l’invasion de la France fut empêchée.
Les soldats français, croyant le duc de Marlborough mort, composèrent la chanson « Malbrough s’en-va-t-en guerre ». On y trouve ces célèbres paroles  » Malbrough s’en va-t-en guerre (…) il reviendra-z-à Pâques, ou à la Trinité (…), la Trinité se passe, Malbrough ne revient pas.

Voilà donc comment est née l’expression : Malbrough reviendra à Pâques ou à la Trinité, un jour peut-être ou bien jamais.

Quelques informations sur l’illustration associée à cette expression

Il s’agit d’une publicité pour l’alcool de menthe Ricqlès, publiée entre 1900 et 1925. L’auteur de cette illustration est le peintre et affichiste Henry Gerbault (1863-1930)

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etre chocolat

Etre chocolat

Que signifie « être chocolat » ?

« Etre chocolat » c’est être dupé, trompé, leurré, mystifié.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Elle est assez obscure. Toutefois, parmi toutes les explications, on fait souvent référence au clown « Chocolat » dont le vrai prénom était Rafael, né à La Havane vers 1868. Il serait arrivé comme esclave à Bilbao vers l’âge de 8-10 ans. Après avoir fui son maître, il aurait rencontré le célèbre clown Tony Grice qui le recruta comme domestique, puis comme assistant dans ses différents tours. En 1886, lors de la tournée européenne de Grice, il arriva à Paris. Là, vers 1888, après avoir quitté Grice, il fut consacré comme l’un des principaux clowns de Paris grâce à son spectacle « la noce de chocolat ».

Vers 1895, il débuta son duo avec Foottit. Et on commença à les voir un peu partout. Les Frères Lumière les filmèrent et Toulouse-Lautrec les prit pour modèles. ils furent souvent mis en scène dans des publicités.
Dans le duo « Foottit et Chocolat« , le noir (Chocolat) était souvent humilié, frappé, berné par le blanc. Comme il répétait fréquemment « je suis chocolat », cela aurait donné lieu à l’expression.

Chocolat dans la littérature

Gerard Noiriel consacre un livre au clown Chocolat : « Chocolat clown nègre« , l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène Française.
La couverture est une illustration de Toulouse Lautrec.
livre chocolat clown negre

Chocolat au cinéma

Etre chocolar omar Sy film Chocolat
Signalons également que Omar SY incarne le clown chocolat dans le film « CHOCOLAT » de Roschdy Zem (2015)…..

 

Peu ou prou

Peu ou prou

Que signifie peu ou prou ?

peu ou prou signifie plus ou moins.

Quelle est l’origine de l’expression ?

« Prou » est un adverbe qui, dès le 12ème siècle, signifiait « beaucoup, bien ».
Il est issu du bas latin « prode » (profit), lui même provenant du latin classique « prod est » (être utile, profitable).

De prode (profit) à prod (beaucoup), il n’y avait qu’un pas qui a donc été franchi pour nous laisser le mot prou (beaucoup). Si ce dernier était encore utilisé dans ce sens au 17ème siècle, il a disparu progressivement de notre vocabulaire pour ne subsister aujourd’hui que dans l’expression « peu ou prou ». Cette dernière, quant à elle, est attestée dès le début du 17ème siècle. Notons d’ailleurs qu’elle fut précédée par la forme négative « ne peu ne prou » (ni peu ni beaucoup) vers la fin du 16ème siècle.

De nos jours l’expression est utilisée pour nuancer un propos, dire par exemple qu’une chose est plus ou moins ceci ou cela. Selon les cas, cela peut signifier « dans une certaine mesure », voire « dans une faible mesure » ou « environ, à peu de choses près ». Et en se cherchant des « prou » dans la tête, nul doute que l’on arrivera à trouver quelques autres synonymes.

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payer son écot

Payer son écot

Que signifie Payer son écot ?

Payer son écot c’est payer sa part à l’occasion d’un repas pris en commun.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le mot « escot » est attesté dès le 12ème siècle. Il signifiait alors « payer sa part, se mettre en frais ».
Au 13ème siècle, escot était plutôt une assemblée de convives, un repas, un festin.
Plus tard, au 17ème siècle, Antoine Furetière donne la définition suivante : « Ce que chacun paye pour sa part d’un repas qu’il fait en commun« , donc le sens que l’expression a de nos jours. Il indique également que le grammairien Gilles Ménage a émis l’hypothèse que ce mot trouve son origine dans le mot saxon « scot », signifiant impôt.

Mais, aujourd’hui, l’expression ne se cantonne pas uniquement aux repas partagés. En effet, elle peut s’employer au sujet de la participation à une action collective.

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être en goguette

Être en goguette

Que signifie Être en goguette ?

Être en goguette c’est être émoustillé, un peu ivre, s’amuser sans retenue.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le mot « goguette » vient de l’ancien français « gogue » signifiant « plaisanterie » ou « bonne humeur ».
Depuis son origine au 15ème siècle jusqu’à nos jours, ce mot a toujours été associé à bonne humeur, joie, plaisir, ivresse.
On dit parfois que l’on « part en goguette ». L’idée est de partir en promenade mais avec l’objectif sous-jacent de faire la fête.

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chercher des noises à quelqu'un

Chercher des noises à quelqu’un

Que signifie Chercher des noises à quelqu’un ?

Chercher des noises à quelqu’un c’est chercher querelle à quelqu’un.

Quelle est l’origine de l’expression ?

le mot « noise » vient du latin « nausea », signifiant « mal de mer ». Il est apparu au milieu du 11ème siècle dans un poème médieval. Il signifiait alors « bruit » »tumulte ».
Puis au début du 12ème siècle, il prend le sens de « querelle », « dispute ». Et c’est ce sens qui a prévalu par la suite.
A partir du 18ème siècle, on commence à utiliser l’expression dans sa formulation actuelle.

A noter que l’on utilise encore le mot «noise» aujourd’hui dans la langue anglaise, avec le sens de «bruit».

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